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Un territoire de rencontres et d'échanges

Les dominations seigneuriales à la fin du Moyen-âge

Qu’est-ce donc que le Haut-Doubs, dont Pontarlier est la "capitale" ?

C’est d’abord une petite région, entre Montbenoît et Mouthe, le long de la frontière avec la Suisse. C’est aussi une histoire complexe, tant son peuplement, ancien dans la " plaine de l’Arlier " (dès la protohistoire), ne s’est ensuite effectué que lentement et progressivement, après le Xe siècle, au gré de l’implantation des abbayes et des prieurés (Montbenoît, Mouthe, Mont Sainte-Marie, et les possessions de Romainmôtier), seigneuries ecclésiastiques installées à côté des domaines de Joux et de Salins. C’est l’époque des grands défrichements qui font reculer la forêt et où l’homme doit lutter contre une nature souvent hostile (sols et climats).

Dans ce contexte de morcellement féodal, Pontarlier, ancienne cité gallo-romaine (que de vieilles " cartes " appellent ABIOLICA, ou ARIARICA), étend son influence sur un territoire connu sous le nom de Baroichage (ou Bouchéage), à la fois structure religieuse (la grande paroisse de Pontarlier) et administrative (communauté de villages participant, avec la ville, à la gestion de l’ensemble).

L’importance de la route et de la frontière

Plusieurs facteurs ont favorisé l’évolution et contribué à la formation du Haut-Doubs.

Abbaye de Montbenoît (c) CG25

La route d’abord, dès la période romaine (Pontarlier est alors une étape sur cette voie antique) et le début du Moyen-Age (itinéraire monastique entre les abbayes de Dijon et de Saint-Maurice d’Agaune), et surtout aux XIIIe – XIVe siècles au moment de la renaissance du commerce européen (grand axe méridien entre l’Italie du Nord et la Flandre), ce qui provoque la création de foires dans toute la région (dont celles de Pontarlier).

La frontière (fixée seulement au XVIIe siècle) a été beaucoup plus une zone de contacts et d’échanges qu’une barrière, notamment à la fin du Moyen-Age avec le Val de Travers et la Principauté de Neuchâtel, même si, au XVIe siècle, elle a séparé plus nettement la Suisse protestante et le Haut-Doubs, bastion de la Contre Réforme catholique.
La route et la frontière demeurent aujourd’hui deux éléments du dynamisme local (commerce et tourisme).

Chateau de Joux (c) CG25

La fonction de capitale locale de Pontarlier

Mais ce sont les réformes de la Révolution et de l’Empire, qui ont créé les cadres territoriaux faisant vraiment de Pontarlier la " capitale " du Haut-Doubs – avec les lois de 1790 (créant les départements) et de 1801 (fixant définitivement les limites cantonales).

La fonction administrative (Sous-Préfecture) a attiré à Pontarlier un ensemble de services (économiques, sociaux, éducatifs, culturels) qui en font une ville-centre, rayonnant sur les quatre cantons (Levier, Montbenoît, Mouthe, Pontarlier) du bassin d’emploi (le cinquième, celui de Morteau, s’est, pour des raisons géographiques et historiques notamment, dissocié du contexte pontissalien).

Les facteurs anciens (ville-marché entre montagne et plateau, entre monde rural et économie industrielle...) n’en demeurent pas moins essentiels et justifient la mise en place de structures intercommunales, nécessaires aussi à un aménagement cohérent de l’espace.

Texte : Michel Malfroy, professeur honoraire.

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